Jean-Marc Zulesi est ancien député, directeur de Territoire d’Energie 13 et président d’Objectif RER métropolitains et président du Conseil Stratégique de Mobil’in Pulse depuis 2024.

Pourquoi avoir accepté la présidence du Conseil stratégique de Mobil’in Pulse ? Quelle place souhaitez-vous que MIP occupe dans l’écosystème de la mobilité durable ?
Jean-Marc Zulesi : Dans le cadre de mes activités parlementaires, j’ai eu l’occasion de mesurer concrètement l’action de Mobil’in Pulse et ce qu’il peut apporter aux politiques de mobilité. C’est ce qui m’a conduit à accepter de m’engager dans cette aventure.
MIP s’inscrit aujourd’hui dans une nouvelle dynamique et je souhaite que ce réseau prenne une place encore plus importante. Les enjeux portés me semblent encore insuffisamment exploités, notamment en matière d’innovation et de traitement des données. Ce ne sont pas des sujets uniquement techniques : ils peuvent avoir un impact considérable sur les usages, les décisions publiques et la transformation des mobilités. Mon ambition est que ces thématiques occupent une place croissante dans le débat public et dans l’élaboration des politiques publiques.
Comment le sujet de la mobilité durable est-il appréhendé sur le territoire des Bouches-du-Rhône ?
Mon engagement aujourd’hui, après mon mandat de député, est tourné vers l’énergie mais aussi la mobilité. Je dirige désormais l’Autorité Organisatrice de la Distribution d’Energie des Bouches-du-Rhône (Territoire d’Énergie 13). Notre action est notamment tournée vers le déploiement de bornes de recharge électrique sur le périmètre hors Métropole. Si les grandes villes sont plutôt bien équipées, il est indispensable d’aller plus loin avec un maillage plus fin et plus équilibré du territoire. L’enjeu est clair : apporter un service accessible à tous et répondre aux défis d’aménagement du territoire. 
Concernant les bornes, nous avons fait le choix de privilégier des équipements de 22 kW, plutôt que des bornes ultra-rapides, avec une tarification lisible et compréhensible pour les usagers.
La mobilité durable, c’est aussi le covoiturage. Dans les Bouches-du-Rhône, la dépendance à la voiture reste forte. L’électrification des véhicules, le leasing social ou encore les bonus écologiques sont des dispositifs que j’ai contribué à mettre en place lorsque j’étais député. Il est aujourd’hui essentiel d’offrir une visibilité plus claire sur ces dispositifs et de renforcer l’appétence de nos concitoyens pour les véhicules électriques.
Enfin, il y a la question des transports collectifs, avec les Services Express Régionaux Métropolitains (SERM), une loi que j’ai portée durant mon mandat parlementaire. Ils constituent une véritable alternative à la voiture individuelle, à travers des solutions de transport collectif et ferroviaire innovantes.
La donnée joue un rôle central : billetterie intelligente, applications facilitant une mobilité « sans couture », permettant de passer simplement du vélo ou du bus au train. L’innovation concerne aussi les infrastructures, avec des solutions comme le train léger, une meilleure réactivité des réseaux et la régénération de lignes ferroviaires parfois délaissées.
L’Union européenne semble revenir sur l’interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs en 2035. Quel est votre regard sur ce débat ?
En France, la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) fixe un cap clair avec la fin de l’utilisation des énergies fossiles à l’horizon 2040. Je suis profondément pro-européen, mais sur ce sujet précis, l’Europe a sans doute voulu aller trop vite. Une transition réussie suppose de la concertation et du temps pour permettre aux acteurs économiques, aux territoires et aux citoyens de s’adapter.
J’invite l’Union européenne à s’inspirer de l’approche française et à conserver l’objectif de 2040 pour la sortie des énergies fossiles. Il est important de rappeler que cela ne signifie pas nécessairement la fin du moteur thermique en tant que tel : certaines technologies, comme les moteurs à hydrogène, ne reposent pas sur la combustion d’énergies fossiles. La nuance est essentielle pour mener une transition réaliste, ambitieuse et technologiquement ouverte.